À la demande de la municipalité de Lac-Etchemin en 2013, un inventaire-évaluation du patrimoine bâti et paysager du territoire lacetcheminois a été réalisé par la firme Ruralys de La Pocatière dans le but de faire un circuit de découverte et de sensibilisation au patrimoine local. En 2017, à l’occasion du 150e anniversaire de la municipalité, Lac-Etchemin décide de mettre en valeur les bâtiments de son territoire présentant les plus hautes valeurs historiques, patrimoniales et architecturales en les intégrant au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. L’objectif de cet inventaire de 10 bâtiments est donc de répertorier, de mettre en valeur et de diffuser la valeur patrimoniale de certains bâtiments lacetcheminois se démarquant par leur valeur historique locale et leurs qualités architecturales. Ce projet a été financé par la municipalité de Lac-Etchemin, la MRC des Etchemins et le ministère de la Culture et des Communications dans le cadre de l’Entente de développement culturel.

En voici 5:

Au début du XIXe siècle, l’acquisition de terres bordant le lac Etchemin parut une bonne affaire pour Sir Randolph-Isham Routh, commissaire-général des troupes anglaises. Il devint ainsi un important propriétaire terrien dans le canton de Ware, alors que 9000 acres de terre lui furent concédées en 1835.

La maison sise au 186, 2e Avenue à Lac-Etchemin est située sur l’un des lots ayant appartenu à la famille Routh au début du XIXe siècle. Cette maison serait l’une des premières demeures à avoir été construites à Lac-Etchemin et aurait été bâtie au cours des années 1850 ou 1860. Elle aurait servi de « manoir » pour le grand propriétaire terrien de la région Sir Randolph-Isham Routh. Or, la première transaction notariée détaillant la vente de cette terre ne précise pas la présence de maison. En effet, lorsque le 28 novembre 1870, Charles Gourde, alors cultivateur de Saint-Elzéar, acquiert des héritiers de feu Sir Randolphe-Isham Routh la moitié de la terre désignée selon l’arpentage primitif de 1835 comme étant le lot no 15 du 1er rang du canton de Ware, aucune bâtisse sus érigée n’est mentionnée.

Vraisemblablement, cette maison avec son toit mansardé aurait donc été construite entre 1870 et 1890 par Charles Gourde. On appelle encore aujourd’hui cette demeure la résidence Gourde, puisque quatre générations de Gourde se sont succédées dans cette maison de 1870 jusqu’au tournant du XXIe siècle.

Cette maison de style français sise au 237, 2e Avenue à Lac-Etchemin a été construite avant 1891 par Joseph Bégin, marchand-cultivateur et grand-père du ministre provincial Joseph-Damase Bégin. Il semblerait que le service postal de Sainte-Germaine du Lac-Etchemin ait été situé dans cette maison à partir des années 1870 jusqu’en 1911. En plus d’avoir été maître de poste de Sainte-Germaine, Joseph Bégin fut aussi maire de Sainte-Germaine du Lac-Etchemin de 1884 à 1907. Le recensement de 1891 nous apprend d’ailleurs que Joseph Bégin habitait cette maison en bois de deux étages comprenant 11 pièces, signe qu’il était un marchand-cultivateur prospère. Joseph Bégin vécut dans cette maison avec sa famille, puis, veuf, avec Damase, l’un de ses fils. Il est d’ailleurs fort probable que Joseph-Damase Bégin, ministre provincial de 1944 à 1959, y soit né le 6 août 1900, puisque le recensement de l’année suivante indique que ses parents et lui habitaient à cet endroit à ce moment-là.

Au décès de Joseph Bégin survenu en novembre 1912, son fils Damase devint propriétaire de la maison et reprit le magasin général familial alors situé juste à côté de la maison du 237, 2e Avenue. Toutefois, après la Première Guerre mondiale, ayant fait crédit à plusieurs familles de la paroisse dans le besoin, Damase préféra faire faillite plutôt que d’exiger de se faire rembourser. Il perdit alors sa maison du 237, 2e Avenue que son épouse, Marie-Anne Turmel, judiciairement séparée de biens de Damase Bégin, racheta après qu’il ait fait faillite. Damase et Marie-Anne quittèrent ensuite la région pour l’Abitibi en 1921 où ils firent partie des défricheurs de cette région nouvellement colonisée. Après avoir été brièvement entre les mains de Joseph Gédéon Giguère, marchand de Sainte-Germaine-du-Lac-Etchemin, la maison fut rachetée par son fils Ernest Giguère, agent d’assurances et également gendre de Damase Bégin pour avoir épousé Laura Bégin, fille de Damase Bégin et soeur du ministre provincial Joseph-Damase Bégin. Laura Bégin exerça le métier de fleuriste dans cette maison jusqu’en 1968. Ce n’est qu’en 1985 que Laura Bégin vendit la maison, mettant fin à presque 100 ans et trois générations de Bégin ayant occupé les lieux.

Malgré toutes ces années, cette résidence est demeurée pratiquement inchangée. Cette maison appartient aujourd’hui à la Famille des Fils et Filles de Marie.

Le 18 novembre 1865, la succession de Randolph Isham Routh cède à la Corporation Archiépiscopale Catholique Romaine de Québec un lot en vue de l’érection d’une chapelle ou d’une église. Or, la chapelle précédant l’actuelle église Sainte-Germaine du Lac-Etchemin avait été construite à l’extérieur des lots de terre assignés par la succession Routh. Le 14 janvier 1869, on doit donc procéder à un échange de terrain afin que l’emplacement où se trouve l’actuelle église Sainte-Germaine du Lac-Etchemin corresponde à l’acte de donation.

Le 24 décembre 1893, l’autorisation est donnée de faire confectionner les plans de la future église, l’ancienne chapelle construite en 1867 étant devenue trop petite pour la population grandissante de la paroisse de Sainte-Germaine-du-Lac-Etchemin qui compte alors 1 500 personnes. Le contrat de construction de l’église Sainte-Germaine-du-Lac-Etchemin est signé le 28 octobre 1894 auprès du constructeur Joseph Saint-Hilaire de Saint-Romuald pour un montant de 13 863.58 $, mais ce n’est que l’année suivante, de mai à octobre 1895, qu’on procède aux travaux de construction de la nouvelle église, surveillés par David Ouellet, architecte. Le fils de Joseph Saint-Hilaire, Ferdinand Saint-Hilaire, est responsable de la réalisation des sculptures de la nouvelle église. Les paroissiens de Sainte-Germaine du Lac-Etchemin fournissent gratuitement le bois nécessaire à la construction de l’église et une corvée est organisée pour le terrassement. La bénédiction de l’église a lieu le 29 octobre 1895 par l’abbé Fréchette, prêtre de Saint-Malachie.

Plusieurs travaux de restauration ont lieu à l’église Sainte-Germaine-du-Lac-Etchemin dont l’installation de l’électricité dans l’église et dans toutes les autres bâtisses de la Fabrique (sacristie, salle et presbytère) par Gérard Cloutier en 1927. En 1931, on décide d’allonger les galeries de l’église jusqu’au mur au-dessus des autels latéraux, ce qui est démoli en 1980. En 1947, on emprunte 30 000 $ pour des travaux majeurs à l’église et au presbytère. Dès l’année suivante, c’est la restauration complète de l’intérieur et de l’extérieur de l’église et de la sacristie. On renouvelle les bancs, installe un nouveau système de chauffage, construit une nouvelle cheminée, ajoute des annexes de chaque côté des entrées de la sacristie. On crée une voûte de sûreté et une crypte pour y inhumer les curés, on couvre en tôle le toit de l’église qui est en bardeaux de cèdre et recouvre l’extérieur des murs de l’église et du presbytère de bardeaux d’amiante. La construction d’une salle paroissiale au sous-sol de la sacristie s’effectue en 1951 et l’autel de l’église est garni d’un tabernacle en cuivre, verni or en 1952. En 1968, on réaménage le choeur de l’église et rénove l’intérieur en conformité avec le Renouveau liturgique proposé par Vatican II (disparition de la chaire, des balustres, du maître-autel et des autels latéraux). Les plans sont préparés par Marcel Gagnon, décorateur pour l’archevêché, et exécutés par les Arts Religieux Appliqués de Québec. En 1983, le chemin de croix et les statues sont restaurés afin de retrouver leurs couleurs et on procède, en 1997, à la restauration de l’église (revêtement extérieur, portes, fenêtres, ventilation, coupe-vapeur de l’entre toit) de même qu’à l’aménagement de la salle du sous-sol de la sacristie. Le système de chauffage de l’église est modifié en 2014 afin de passer d’un système à l’huile à un système de chauffage aux granules de bois, dans un but d’économie et de réduction des gaz à effet de serre.

L’église Sainte-Germaine-du-Lac-Etchemin est dotée de trois cloches de tonalité sol-la-si fabriquées par la compagnie Harvard et bénies le 16 juillet 1896 par Mgr Louis-Nazaire Bégin. Elle comprend également un tableau de sa patronne, Sainte-Germaine bergère de Pibrac, béni en 1911, de même qu’un orgue Casavant doté de 12 jeux et combinaisons multiples acheté en 1936 au coût de 2 900 $ et restauré en 1998.

À la décharge du lac Caribou, sur la Grande-Ligne (aujourd’hui dénommée route 277), Pierre Beaudoin construisit le premier moulin à scie et à farine de Sainte-Germaine en 1860. Il décéda cependant peu de temps après, de sorte que c’est sa veuve qui apparaît à titre de propriétaire des installations dans le recensement de 1871. En 1871, le moulin à scie possédé par la veuve Beaudoin a un capital en piastres de 50, totalise trois mois de travail par année, produit du bois de construction et a une valeur de 700 piastres. Toujours en 1871, le moulin à farine possédé par la veuve Beaudoin a un capital en piastres de 2000, travaille douze mois par année, produit de la farine et de la moulée et a une valeur de 4800 piastres.

Le moulin était à l’époque couvert en planche verticale.

Trois générations de Beaudoin après Pierre (Antoine, Wilfrid père et Wilfrid fils) prendront la relève et garderont le moulin familial en opération jusque vers 1950 alors qu’on cessera alors d’utiliser l’ancien mécanisme. Cependant, quelques années plus tard, les opérations reprirent avec cette fois un moteur diesel qui permit de produire de la moulée jusqu’au milieu des années 1960. Le moulin cessa cependant définitivement de fonctionner en 1960, car la compétition était trop forte pour un petit moulin de village. Malgré l’arrêt des activités du moulin, la famille Beaudoin continua à y résider jusqu’au tournant du XXI<sup>e</sup> siècle.

À l’origine, le moulin était pourvu de deux moulanges en pierre importées d’Allemagne et d’une scie à « chase » remplacée plus tard par une scie ronde. Les moulanges étaient actionnées par un pouvoir hydraulique constitué par une chaussée et une grande roue en bois de 22 pieds de hauteur. La grande roue a été conçue à l’extérieur du moulin avec de grandes boîtes de bois au lieu de palettes. Cette conception avait l’avantage d’augmenter la puissance de l’eau et de faire tourner la roue plus rapidement. Une fois la conception de la roue achevée, il a fallu l’amener au moulin et la démonter entièrement pour ensuite la remonter à l’intérieur.

Le moulin Beaudoin a servi à la mouture des grains des cultivateurs de la région durant plus d’un siècle. Il a également inclus un moulin à scie en amont, mais seulement durant une partie de son existence. En effet, le moulin n’a servi à couper du bois que pendant une courte période.

En 2005, le moulin est vendu et les nouveaux propriétaires désiraient en faire un lieu de culture stimulant pour la relève et la région. Ce vieux moulin a donc fait l’objet d’une restauration majeure de 2005 à 2007 afin de devenir le Centre d’art du Moulin La Lorraine. Cette restauration a été rendue possible grâce à l’implication de M. Martial Laflamme qui en a été le maître-d’œuvre.

Seuls les murs de fondation du côté de la rivière et de la route 277 sont d’origine.
Ouvert au public depuis le 15 septembre 2007, le Centre d’art du Moulin La Lorraine est une bâtisse principalement consacrée à l’art. Un volet secondaire rappelle cependant les activités de l’antique moulin à farine.

Maison

Cette maison de colonisation située au 254, 5e Rang à Lac-Etchemin ferait partie des premières constructions dans les rangs de Lac-Etchemin. Elle aurait vraisemblablement été construite vers 1870 par François Rancourt. Elle a cependant été abandonnée plusieurs années et a alors servi de laiterie et de hangar vers 1915. Autrefois, il y avait même une porte de garage du côté est de la maison où on entreposait des charrettes.

Grange

Grange

Cette grange située au 254, 5e Rang à Lac-Etchemin a vraisemblablement été construite vers 1870, en même temps que la maison de colonisation que l’on trouve à proximité. Elle ferait partie des premières constructions dans les rangs de Lac-Etchemin. On remarquera l’accès à l’étage de la grange sous le toit en appentis.

Hangar

Hangar

Ce hangar sis au 254, 5e Rang à Lac-Etchemin fait partie d’un ensemble patrimonial bien entretenu et conservé. Cet ensemble patrimonial ferait partie des premières constructions dans les rangs de Lac-Etchemin, érigées vers 1870 au moment de l’ouverture de la paroisse de Sainte-Germaine de Lac-Etchemin.

Vous êtes invité à consulter LE RÉPERTOIRE DU PATRIMOINE CULTUREL DU QUÉBEC

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